samedi 31 mars 2012
Elle était déchaussée, elle était décoiffée
Elle était déchaussée, elle était décoiffée…
Elle était déchaussée, elle était décoiffée,
Assise, les pieds nus, parmi les joncs penchants ;
Moi qui passais par là, je crus voir une fée,
Et je lui dis : Veux-tu t'en venir dans les champs ?
Elle me regarda de ce regard suprême
Qui reste à la beauté quand nous en triomphons,
Et je lui dis : Veux-tu, c'est le mois où l'on aime,
Veux-tu nous en aller sous les arbres profonds ?
Elle essuya ses pieds à l'herbe de la rive ;
Elle me regarda pour la seconde fois,
Et la belle folâtre alors devint pensive.
Oh ! comme les oiseaux chantaient au fond des bois !
Comme l'eau caressait doucement le rivage !
Je vis venir à moi, dans les grands roseaux verts,
La belle fille heureuse, effarée et sauvage,
Ses cheveux dans ses yeux, et riant au travers.
Victor Hugo.
Elle était déchaussée, elle était décoiffée,
Assise, les pieds nus, parmi les joncs penchants ;
Moi qui passais par là, je crus voir une fée,
Et je lui dis : Veux-tu t'en venir dans les champs ?
Elle me regarda de ce regard suprême
Qui reste à la beauté quand nous en triomphons,
Et je lui dis : Veux-tu, c'est le mois où l'on aime,
Veux-tu nous en aller sous les arbres profonds ?
Elle essuya ses pieds à l'herbe de la rive ;
Elle me regarda pour la seconde fois,
Et la belle folâtre alors devint pensive.
Oh ! comme les oiseaux chantaient au fond des bois !
Comme l'eau caressait doucement le rivage !
Je vis venir à moi, dans les grands roseaux verts,
La belle fille heureuse, effarée et sauvage,
Ses cheveux dans ses yeux, et riant au travers.
Victor Hugo.
Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin.
Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin.
Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin
De venir dans ma chambre un peu chaque matin;
Je l'attendais ainsi qu'un rayon qu'on espère;
Elle entrait et disait : «Bonjour, mon petit père;»
Prenait ma plume, ouvrait mes livres, s'asseyait
Sur mon lit, dérangeait mes papiers, et riait,
Puis soudain s'en allait comme un oiseau qui passe.
Alors, je reprenais, la tête un peu moins lasse,
Mon oeuvre interrompue, et, tout en écrivant,
Parmi mes manuscrits je rencontrais souvent
Quelque arabesque folle et qu'elle avait tracée,
Et mainte page blanche entre ses mains froissée
Où, je ne sais comment, venaient mes plus doux vers.
Elle aimait Dieu, les fleurs, les astres, les prés verts,
Et c'était un esprit avant d'être une femme.
Son regard reflétait la clarté de son âme.
Elle me consultait sur tout à tous les moments.
Oh! que de soirs d'hiver radieux et charmants,
Passés à raisonner langue, histoire et grammaire,
Mes quatre enfants groupés sur mes genoux, leur mère
Tout près, quelques amis causant au coin du feu!
J'appelais cette vie être content de peu!
Et dire qu'elle est morte! hélas! que Dieu m'assiste!
Je n'étais jamais gai quand je la sentais triste;
J'étais morne au milieu du bal le plus joyeux
Si j'avais, en partant, vu quelque ombre en ses yeux.
Victor Hugo.
Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin
De venir dans ma chambre un peu chaque matin;
Je l'attendais ainsi qu'un rayon qu'on espère;
Elle entrait et disait : «Bonjour, mon petit père;»
Prenait ma plume, ouvrait mes livres, s'asseyait
Sur mon lit, dérangeait mes papiers, et riait,
Puis soudain s'en allait comme un oiseau qui passe.
Alors, je reprenais, la tête un peu moins lasse,
Mon oeuvre interrompue, et, tout en écrivant,
Parmi mes manuscrits je rencontrais souvent
Quelque arabesque folle et qu'elle avait tracée,
Et mainte page blanche entre ses mains froissée
Où, je ne sais comment, venaient mes plus doux vers.
Elle aimait Dieu, les fleurs, les astres, les prés verts,
Et c'était un esprit avant d'être une femme.
Son regard reflétait la clarté de son âme.
Elle me consultait sur tout à tous les moments.
Oh! que de soirs d'hiver radieux et charmants,
Passés à raisonner langue, histoire et grammaire,
Mes quatre enfants groupés sur mes genoux, leur mère
Tout près, quelques amis causant au coin du feu!
J'appelais cette vie être content de peu!
Et dire qu'elle est morte! hélas! que Dieu m'assiste!
Je n'étais jamais gai quand je la sentais triste;
J'étais morne au milieu du bal le plus joyeux
Si j'avais, en partant, vu quelque ombre en ses yeux.
Victor Hugo.
jeudi 29 mars 2012
Le ciel, la terre .
Le ciel, la terre .
Le ciel, la terre, et l'haleine des vents
Estoyent tenus d'un paisible silance,
Et tout oyseau qui parmi l’air s’elance,
Et par les bois tous animaux vivans.
La Nuict menoit ses feux estincelans
En son beau char: De Venus la naissance
En son grand lict gisoit sans violance,
Et doucement ses flots alloyent roulans.
Le doux sommeil arrousoit toute chose,
Non ma paupiere, ah! elle ne fut close
Tant que Phebé guida ses noirs chevaux.
Vostre portrait qui dans mes yeux sejourne,
Qui comme il veut me tourne et me retourne,
Me fit souffrir mille et mille travaux.
Amadis Jamyn.
Le ciel, la terre, et l'haleine des vents
Estoyent tenus d'un paisible silance,
Et tout oyseau qui parmi l’air s’elance,
Et par les bois tous animaux vivans.
La Nuict menoit ses feux estincelans
En son beau char: De Venus la naissance
En son grand lict gisoit sans violance,
Et doucement ses flots alloyent roulans.
Le doux sommeil arrousoit toute chose,
Non ma paupiere, ah! elle ne fut close
Tant que Phebé guida ses noirs chevaux.
Vostre portrait qui dans mes yeux sejourne,
Qui comme il veut me tourne et me retourne,
Me fit souffrir mille et mille travaux.
Amadis Jamyn.
Épitaphe.
Épitaphe.
En mon avril la Parque m'a vaincu,
Mais bien-heureux d'avoir si peu vescu :
Et que voit-on que fumée en ce monde,
Un vent, un songe, une onde qui suit l'onde ?
Tous les humains sont feuilles du printemps,
Soudain fanis comme l'herbe des champs :
Tout passe et coule : Atropos ne pardonne
Non plus aux roys qu'à la basse personne.
Donc au trespas que je ne sois pleuré :
Pour autre fin je n'avois respiré.
Ce seul confort me reste sous la tombe
Qu'il faut un jour que le plus brave tombe
Dans le bateau qui conduit aux enfers,
Et qu'en la fosse il nourrisse des vers,
Puisque la loy de l'égale Nature
Nous a bastis sujets à pourriture.
Amadis Jamyn.
En mon avril la Parque m'a vaincu,
Mais bien-heureux d'avoir si peu vescu :
Et que voit-on que fumée en ce monde,
Un vent, un songe, une onde qui suit l'onde ?
Tous les humains sont feuilles du printemps,
Soudain fanis comme l'herbe des champs :
Tout passe et coule : Atropos ne pardonne
Non plus aux roys qu'à la basse personne.
Donc au trespas que je ne sois pleuré :
Pour autre fin je n'avois respiré.
Ce seul confort me reste sous la tombe
Qu'il faut un jour que le plus brave tombe
Dans le bateau qui conduit aux enfers,
Et qu'en la fosse il nourrisse des vers,
Puisque la loy de l'égale Nature
Nous a bastis sujets à pourriture.
Amadis Jamyn.
mardi 27 mars 2012
Az ég, a föld
Az ég, a föld
Az ég, a föld, a szélfuvallatok
elszenderültek, töltekezve csenddel,
s a madarak is, kik vívnak a mennyel,
s az erdők sűrűjén az állatok.
Az Éj szekerén izzó csillagok
vonultak lassan. Vénuszt szült a tenger,
de nem vajúdott érte gyötrelemmel,
s lágyan gördültek a sima habok.
Szelíden ömlött végig a világon,
csak az én pillám kerülte az álom,
míg űzte sötét lovait a Hold;
mert képmásod, mely itt lakik szívemben
és kénye-kedve szerint gyötör engem,
ezer viszontagsággal ostromolt.
Amadis Jamyn.
Az ég, a föld, a szélfuvallatok
elszenderültek, töltekezve csenddel,
s a madarak is, kik vívnak a mennyel,
s az erdők sűrűjén az állatok.
Az Éj szekerén izzó csillagok
vonultak lassan. Vénuszt szült a tenger,
de nem vajúdott érte gyötrelemmel,
s lágyan gördültek a sima habok.
Szelíden ömlött végig a világon,
csak az én pillám kerülte az álom,
míg űzte sötét lovait a Hold;
mert képmásod, mely itt lakik szívemben
és kénye-kedve szerint gyötör engem,
ezer viszontagsággal ostromolt.
Amadis Jamyn.
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