Les poètes Français traduit en Hongrois. Linda et Tebinfea-Francia költök magyarra fordított

Français poètes. Francia költők.

vendredi 9 mars 2012

Perzselo földben...

Perzselő földben

Perzselő földben egy különleges virág
meghajlik lazán: korábban kihajt, éled
két ernyedt bimbó, dús, fülledt levegő lengi át;
a növényi nedv neki pusztító méreg.

Mégis úgy érzem, kábít ez a virág,
párolog fanyar, nehéz kölni illatot,
ereim lüktetnek, mellkasom járja át,
zihálok, alig látok már, süket vagyok.

Szobában a másik virág, egy nő, sápadt
nagyon, keze lecsüng, fejét párnára veti:
megadta magát: érzéketlen kis állat
kimerült, szomorúságtól pihegnek mellei.

De haja számtalan tincsben omlik széjjel,
vihar korbácsolt, áradó fekete hullám,
karbunkulustűz ég tágra nyílt szemében,
két vezércsillag az est ködében néz rám;

Hajának illatát szívom, egyre többet,
ahogy levegő után kapkod beteg
elvesztem lassanként az életerőmet
s a szemek keresztüldöfik alélt szívemet.


Rémy de Gourmont.

A kert.


A kert.




A kert

Simone, nekem a nyári kert veled
Illatos, gazdag, édes élvezet:
Van répa itt, petrezselyemgyökér,
Padlizsán, cékla és az a tér
A két sövény közt kínai-saláta,
Betegnek borágó; ott hátra
Távolabb friss káposztafejek,
A kertünk gazdag, édes élvezet.

Borsó kúszik fel magas karókra;
Akárha mind szépasszony volna
Zöld köntösük piros-virágos.
Íme, itt bab, és uborka, a sármos,
Egy jeruzsálemi fajta rokona.
Aztán hagyma, fején a szár felett
Fiókhagymákból épül korona,
A kertünk gazdag, édes élvezet.

A spárgák, e csipkés szalagok
Már érlelik a korallszín magot;
Kapucinusok tervezték a vázat
Szőlőlugasnak, és az üvegházat,
Rá könnyeden a tök talál utat,
Nap gömbölyíti fényes arcukat;
Kakukkfű, ánizs bokrát itt leled,
A kertünk gazdag, édes élvezet.

Rémy de Gourmont.

Le jardin

Le jardin

Le jardin

Simone, le jardin du mois d'aout
Est parfumé, riche et doux :
Il a des radis et des raves,
Des aubergines et des betteraves
Et, parmi les pâles salades,
Des bourraches pour les malades ;
Plus loin, c'est le peuple des choux,
Notre jardin est riche et doux.


Les pois grimpent le long des rames ;
Les rames ressemblent à des jeunes femmes
En robes vertes fleuries de rouge.
Voici les fèves, voici les courges
Qui reviennent de Jérusalem.
L'oignon a poussé tout d'un coup
Et s'est orné d'un diadème,
Notre jardin est riche et doux.


Les asperges tout en dentelles
Murissent leurs graines de corail ;
Les capucines, vierges fidèles,
Ont fait de leur treille un vitrail,
Et, nonchalantes, les citrouilles
Au bon soleil gonflent leurs joues ;
On sent le thym et le fenouil,
Notre jardin est riche et doux.

Rémy de Gourmont
1912

Dans la terre torride...

Dans la terre torride...

Dans la terre torride...

Dans la terre torride, une plante exotique
Penchante, résignée : éclos hors de saison
Deux boutons fléchissaient, d'un air grave et mystique;
La sève n'était plus pour elle qu'un poison.

Et je sentais pourtant de la fleur accablée
S'évaporer l'effluve âcre d'un parfum lourd,
Mes artères battaient, ma poitrine troublée
Haletait, mon regard se voilait, j'étais sourd.

Dans la chambre, autre fleur, une femme très pâle,
Les mains lasses, la tête appuyée aux coussins:
Elle s'abandonnait : un insensible râle
Soulevait tristement la langueur de ses seins.

Mais ses cheveux tombant en innombrables boucles
Ondulaient sinueux comme un large flot noir
Et ses grands yeux brillaient du feu des escarboucles
Comme un double fanal dans la brume du soir.

Les cheveux m'envoyaient des odeurs énervantes,
Pareilles à l'éther qu'aspire un patient,
Je perdais peu à peu de mes forces vivantes
Et les yeux transperçaient mon cœur inconscient.

1878.


Rémy de Gourmont

mercredi 7 mars 2012

La flûte

La flûte

La flûte


Voici le soir. Au ciel passe un vol de pigeons.

Rien ne vaut pour charmer une amoureuse fièvre,

Ô chevrier, le son d'un pipeau sur la lèvre

Qu'accompagne un bruit frais de source entre les joncs.


A l'ombre du platane où nous nous allongeons

L'herbe est plus molle. Laisse, ami, l'errante chèvre,

Sourde aux chevrotements du chevreau qu'elle sèvre,

Escalader la roche et brouter les bourgeons.


Ma flute, faite avec sept tiges de ciguë

Inégales que joint un peu de cire, aiguë

Ou grave, pleure, chante ou gémit à mon gré.


Viens. Nous t'enseignerons l'art divin du Silène,

Et tes soupirs d'amour, de ce tuyau sacré,

S'envoleront parmi l'harmonieuse haleine.


José-Maria de Heredia.

La Naige