Les poètes Français traduit en Hongrois. Linda et Tebinfea-Francia költök magyarra fordított

Français poètes. Francia költők.

lundi 16 janvier 2012

A szerelmes.


A szerelmes.

A szerelmes

Ott áll lezárt szememben is,

s a haja hajamba fonódik,

keze akár az én kezem,

színe az én szemem színe,

s árnyékomban úgy elmerül,

mint fölhajított kő az égben.


A szeme mindig nyitva van

és sohase enged aludni.

A verőfényes déli napnál

tündökletesebb álmain

sírok-nevetek, mint a részeg,

s beszélek, bár nincs mit beszéljek.

Paul Éluard

Be- s befuthatnám az egész világot.


Be- s befuthatnám az egész világot.

Be- s befuthatnám az egész világot,

végigutazhatnám fáradhatatlan

Szíriát és a tatár pusztaságot,

járnék bár Egyiptomban, Babilonban,

Jeruzsálemben s mind a messzi honban,

kikötőben, parthelyen, szigeten

hol a fűszerszám és cukor terem;

a selyem, szövet, az aranyszegély,

szebb másutt, mint nálunk, megengedem:

Párizzsal semmi, semmi föl nem ér,


Várost különbet, ember sose látott,

az értelem, a tudomány, a hit-tan

kútja s forrása: rétek, rónaságok,

szőlők övezik a Szajna-kanyarban

s minden, mi édes a földi javakban;

szereti is hát szíves-melegen

s szeretni fogja minden idegen,

mert várost szebbet, akármeddig él,

s bölcsebbet nem talál semerre sem:

Párizzsal semmi, semmi föl nem ér.


De legjobb java a várfal, az árok;

a sok házban, mely a falak alatt van,

kalmár nép sürög, nemes uraságok,

s ötvösök, kardkovácsok számolatlan,

mert művesség, művészet mind nagy ottan;

s amit csinálnak, olyan helyesen

csinálják s hozzá olyan kedvesen

szólnak – mert ki-ki ügyesen beszél

és jó is, mit az ember meg veszen:

Párizzsal semmi, semmi föl nem ér.

Eustache Deschamps.

dimanche 15 janvier 2012

Entre terre et mer

Quant j'ay la terre et mer avironnée.

Quant j'ay la terre et mer avironnée.


Quant j'ay la terre et mer avironnée,

Et visité en chascune partie

Jherusalem, Egipte et Galilée,

Alixandre, Damas et la Surie,

Babiloine, le Caire et Tartarie,

Et touz les pors qui y sont,

Les espices et succres qui s'i font,

Les fins draps d'or et soye du pays,

Valent trop mieulx ce que les François ont :

Riens ne se puet comparer à Paris.


C'est la cité sur toutes couronnée,

Fonteine et puis de sens et de clergie,

Sur le fleuve de Saine située :

Vignes, bois a, terres et praerie.

De touz les biens de ceste mortel vie

A plus qu'autres citez n'ont;

Tuit estrangier l'aiment et ameront,

Car, pour deduits et pour estre jolis,

Jamais cité tele ne trouveront :

Riens ne se puet comparer à Paris.


Mais elle est bien mieulx que ville fermée,

Et de chasteaulx de grant anceserie,

De gens d'onneur et de marchans peuplée,

De touz ouvriers d'armes, d'orfaverie ;

De touz les ars c'est la flour, quoy qu'on die :

Touz ouvraiges a droit font ;

Subtil engin, entendement parfont

Verrez avoir aux habitans toudis,

Et loyaulté aux euvres qu'ilz feront :

Riens ne se puet comparer a Paris.


Eustache Deschamps.

ami du coeur et ami de la bourse

Qui est ami du coeur est ami de la bourse,


Qui est ami du coeur est ami de la bourse,


Qui est ami du coeur est ami de la bourse,

Ce dira quelque honnête et hardi demandeur,

Qui de l'argent d'autrui libéral dépendeur

Lui-même à l'hôpital s'en va toute la course.


Mais songe là-dessus qu'il n'est si vive source

Qu'on ne puisse épuiser, ni si riche prêteur

Qui ne puisse à la fin devenir emprunteur,

Ayant affaire à gens qui n'ont point de ressource.


Gordes, si tu veux vivre heureusement romain,

Sois large de faveur, mais garde que ta main

Ne soit à tous venants trop largement ouverte.


Par l'un on peut gagner même son ennemi,

Par l'autre bien souvent on perd un bon ami,

Et quand on perd l'argent, c'est une double perte.


Joachim du Bellay.

Passe-temps?

Panjas, veux-tu savoir quels sont mes passe-temps?

Panjas, veux-tu savoir quels sont mes passe-temps?


Panjas, veux-tu savoir quels sont mes passe-temps ?

Je songe au lendemain, j'ai soin de la dépense

Qui se fait chacun jour, et si faut que je pense

A rendre sans argent cent créditeurs contents.


Je vais, je viens, je cours, je ne perds point le temps,

Je courtise un banquier, je prends argent d'avance :

Quand j'ai dépêché l'un, un autre recommence,

Et ne fais pas le quart de ce que je prétends.


Qui me présente un compte, une lettre, un mémoire,

Qui me dit que demain est jour de consistoire,

Qui me rompt le cerveau de cent propos divers,


Qui se plaint, qui se deult, qui murmure, qui crie :

Avecques tout cela, dis, Panjas, je te prie,

Ne t'ébahis-tu point comment je fais des vers ?



Joachim du Bellay.