Les poètes Français traduit en Hongrois. Linda et Tebinfea-Francia költök magyarra fordított

Français poètes. Francia költők.

dimanche 6 novembre 2011

Le loup et l'agneau.

Le Loup et l'Agneau.



Le Loup et l'Agneau.


La raison du plus fort est toujours la meilleure :

Nous l'allons montrer tout à l'heure.

Un Agneau se désaltérait

Dans le courant d'une onde pure.

Un Loup survient à jeun qui cherchait aventure,

Et que la faim en ces lieux attirait.

Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?

Dit cet animal plein de rage :

Tu seras châtié de ta témérité.

- Sire, répond l'Agneau, que votre Majesté

Ne se mette pas en colère ;

Mais plutôt qu'elle considère

Que je me vas désaltérant

Dans le courant,

Plus de vingt pas au-dessous d'Elle,

Et que par conséquent, en aucune façon,

Je ne puis troubler sa boisson.

- Tu la troubles, reprit cette bête cruelle,

Et je sais que de moi tu médis l'an passé.

- Comment l'aurais-je fait si je n'étais pas né ?

Reprit l'Agneau, je tette encor ma mère.

- Si ce n'est toi, c'est donc ton frère.

- Je n'en ai point. - C'est donc quelqu'un des tiens :

Car vous ne m'épargnez guère,

Vous, vos bergers, et vos chiens.

On me l'a dit : il faut que je me venge.

Là-dessus, au fond des forêts

Le Loup l'emporte, et puis le mange,

Sans autre forme de procès.

Jean de La Fontaine.

Les feuilles mortes.

Les feuilles mortes.

Les feuilles mortes.

Oh! je voudrais tant que tu te souviennes
des jours heureux où nous étions amis,
en ce temps-là la vie était plus belle
et le soleil plus brulant qu'aujourd'hui.
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
tu vois, je n'ai pas oublié...
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
les souvenirs et les regrets aussi.
Et le vent du Nord les emporte
dans la nuit froide de l'oubli.
Tu vois, je n'ai pas oublié
la chanson que tu me chantais.

C'est une chanson qui nous ressemble,
toi qui m'aimais et je t'aimais.
Et nous vivions tous deux ensemble
toi qui m'aimais moi qui t'aimais.
Mais la vie sépare ceux qui s'aiment
tout doucement sans faire de bruit.
Et la mer efface sur le sable
les pas des amants désunis.

Jacques Prévert

Jeune fille ton cœur


Jeune fille, ton coeur.

Jeune fille, ton coeur.
..
Jeune fille, ton coeur avec nous veut se taire.
Tu fuis, tu ne ris plus; rien ne saurait te plaire:
La soie à tes travaux offre en vain des couleurs;
L'aiguille sous tes doigts n'anime plus des fleurs.
Tu n'aimes qu'à rêver, muette, seule, errante,
Et la rose pâlit sur ta bouche mourante.
Ah! mon oeil est savant et depuis plus d'un jour,
Et ce n'est pas à moi qu'on peut cacher l'amour.

Les belles font aimer; elles aiment. Les belles
Nous charment tous. Heureux qui peut être aimé d'elles!
Sois tendre, mème faible; on doit l'être un moment;
Fidèle, si tu peux. Mais conte-moi comment,
Quel jeune homme aux yeux bleus, empressé sans audace,
Aux cheveux noirs, au front plein de charme et de gràce...
Tu rougis? On dirait que je t'ai dit son nom.
Je le connais pourtant. Autour de ta maison
C'est lui qui va, qui vient; et, laissant ton ouvrage,
Tu cours, sans te montrer, épier son passage.
Il fuit vite; et ton oeil, sur sa trace accouru,
Le suit encor longtemps quand il a disparu.
Nul, en ce bois voisin où trois fêtes brillantes
Font voler au printemps nos nymphes triomphantes
Nul n'a sa noble aisance et son habile main
A soumettre un coursier aux volontés du frein.


  
André Chénier.

Les Vendange

Image and video hosting by TinyPic
Des vallons de Bourgogne... Des vallons de Bourgogne, ô toi, fille limpide, Qui pares de raisins ton front pur et liquide, Belle Seine, à pas lents de ton berceau sacré Descends, tandis qu'assise en cet antre azuré, D'un vers syracusain la Muse de Mantoue Fait résonner ton onde où le cygne se joue. André Chénier.

mercredi 2 novembre 2011

A tenger mossa...

Halott levelek.






Halott levelek.

Jusson eszedbe, mi oly messze tűnt,
az az idő, mi csak tiéd s enyém,
ó, sokkalta szebb volt az életünk,
és ragyogóbb, hisz dőlt ránk a fény.
Kupacban áll a sok holt falevél -
a tűnt nyarak emléke int,
kupacban áll már a sok holt levél,
mint könnyeink és örömeink.
És az őszi szél elhordja mind,
hol feledésnek éje vár,
de lásd, tudom még szó szerint
azt a dalt, mi oly messze már...

E dal miénk, hozzánk hasonló,
tiéd e dal s enyém, szívem,
nincs két szív még oly egybehangzó,
mint szíved és az én szívem.
Csendben válnak el, egy szót se szólva,
kiket az élet űz tovább,
és az ár, a tengerár lemossa
a tűnt szeretők lábnyomát.

Jacques Prévert